Le premier test du patron écrit : c'est moi qui m'y colle, et pose les premières corrections. Ensuite, le patron est testé auprès d'une dizaine de tricoteuses. Pour finir, je l'envoi pour relecture finale auprès d'une tech-éditrice dont c'est le métier.

Tech editing

Lors d’un atelier de tricot que j’animais il y a quelques mois (ce que je continue d’aimer donner, de temps en temps, parce que depuis la fin d’Intheloop je ne transmets plus autant qu’avant, et que ca peut me manquer…), deux jeunes filles sont venues s’installer, et m’ont demandé comment on devenait créatrice de patrons de tricot.

Je n’étais pas du tout préparée à ce qu’on me la pose, celle-là, un jour… Et ca m’a un peu cloué le bec.

Alors pour toutes celles qui me lisent, celles qui commentent comme celles qui ne le font jamais, j’ai décidé de jouer le jeu et de parler un peu plus de ce qui se passe, derrière le masque. De ce que je pense de cette activité, puisqu’il y a un peu plus d’un an, je plaquais ma vie de salariée dans l’informatique, pour « vendre mes patrons de tricot ».

Que plusieurs d’entre vous m’ont souvent écrit « ah moi aussi je rêve de quitter mon métier, je t’admire c’est génial que tu y arrives ! »

Après tout, j’ai un peu suivi moi aussi les aventures de ces blogueuses qui passent de l’autre côté. Marie, PachiPachi, et j’en passe, on a toutes en tête des histoires qui font « rêver ».

Alors, il s’est passé quoi en fait pour moi ???

Quand je me suis lancée, j’avais discuté avec une amie qui avait eu un magnifique succès de patron de tricot. Ca me semblait dingue ! Alors, après avoir jeté l’idée, je me suis lancée dans un business plan, avec des plans financiers sur cet exemple. Tout tenait la route en 2 ans ! C’était génial.

Et puis, j’ai découvert la réalité : des patrons de tricot, quand on se lance, on n’en vend pas des masses. L’exemple que j’avais pris était justement ce qu’il était : un immense succès, rare et pas du tout un bon exemple. Bref, autant vous dire tout de suite : au bout de plus d’un an, il est évident que mes ventes ne me feront pas vivre avant… heu dieu sait quand ?

J’ai donc réalisé que si je voulais vivre et manger, il me fallait un plan B. Ce que j’ai donc lancé, mais qui n’a aucun rapport avec le tricot malheureusement. J’ai donc monté une autre entreprise, toujours dans le pédagogique (la formation) mais dans mon ancien métier.

Voilà, en gros où j’en suis de mon projet « vivre d’une passion » plus d’un an après.

« Et si j’avais su avant ? Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui veut se lancer dedans ? »
Je vais vous répondre sincèrement :

Si tu veux toi aussi te lancer, commence maintenant ! A ton niveau. Sans quitter ton métier. Sur ton temps libre. Tranquillement. Et puis vois comment ça évolue, et à quel moment tu peux en vivre. Personne ne saura combien de temps ça prendra. Chez certains, hyper rares, ça pendra 6 mois… D’autres 5 ans et encore (il n’y a qu’a voir Ysolda, qui confiait lors d’une interview qu’elle pouvait enfin s’offrir le « luxe » d’un atelier (au lieu de bosser à la maison) 5 ans après avoir démarré l’activité)… Moi j’en suis à 1/6 du SMIC en revenus. Donc on en est très loin.

Depuis peu, de nouvelles perspectives commencent à s’ouvrir. A peine ! Je vous en parlerai probablement plus tard, si elles arrivent au bout.

Je commence à savoir pratiquer la publication, générer des schémas et grilles de tricot, les mathématiques, la déclinaison en plusieurs tailles, le style graphique, j’ai moi même fait appel à plusieurs tech editrices anglaises, bref, comme j’en parlais dans mon précédent billet, ça en fait des compétences variées qui sont nécessaires !

Ayant la chance d’avoir toutes ces cordes à mon arc en même temps, j’ai décidé de pouvoir offrir ces même compétences aux autres : à celles pour qui l’aspect technique du patron n’est pas le point fort par exemple. A celles qui veulent un autre regard de professionnel sur leur travail.

Si vous voulez un accompagnement en édition technique de vos patrons de tricot français, ou une traduction française d’un patron anglais (dans ce sens uniquement pour le moment), je vous propose mes services.

Je lance mes services de Tech Editrice francophone

EDIT 2016 : Je n’offre plus mes services 😉

Accompagnement de base :

  • Conseil global : points forts du patron, points faibles. Axes d’améliorations.
  • Vérification des éventuelles erreurs mathématiques, ainsi que des mesures finies de l’ouvrage, en me basant sur l’échantillon fourni. Conversion si besoin (centimètres en pouces, mètres en yards etc…)
  • Lisibilité : votre patron est-il clair ? Quels points pédagogiques pouvez-vous travailler ? Le formatage, les titres et sous titres sont-ils cohérents ? Vérification des informations « obligatoires » (échantillon, numéro d’aiguilles, matériel nécessaire, glossaire etc…)
  • Vérification orthographique. Je ne suis pas une prof de français, mais j’écris aussi pas trop mal en général 😉

Services additionnels (en option) :

  • Gradation : déclinaison de votre modèle en plusieurs tailles
  • Schéma de l’ouvrage (dessiné sous outil informatique vectoriel) : l’utilisation d’un schéma permet à vos client(e)s de mieux comprendre l’allure globale de votre ouvrage, et d’adapter l’aisance ou le choix de la taille.
  • Mise en page et feuille de style : pour définir votre image visuelle et conserver une cohérence dans votre univers, tout en facilitant l’ergonomie du document
  • Traduction : traduction d’un patron, de l’anglais vers le français, en suivant les standards du tricot français. Note : mes patrons personnels ne suivent pas toujours ce standard, mais j’assume et je fais un choix personnel volontaire. Concernant vos patrons, je suivrais les standards du français à la lettre.

Tarifs :
15€ /heure (20$), facturé à la minute, avec un minimum de 30 min.
Toutes les factures et paiement ont lieu par Paypal par défaut (sauf accord autre).Une fois votre patron reçu, je pourrai vous donner une estimation de durée. A titre indicatif, voici un barème « classique » pour l’accompagnement de base (hors options) :

  • Accessoire : ~30 min à ­ 1 hr
  • Vêtement simple : 1 à ­2 hr
  • Vêtement complexe: 2­ à 3 hr

Les services « additionnels » (schéma, gradation, mise en page et définition du style graphique) ne sont pas inclus dans la facturation de base indiquée plus haut.
Il y aura de nombreux aller et retour avec vous pendant le travail. Une dernière repasse finale est inclue sans frais supplémentaire.
Nous pouvons tout à fait définir un budget maximum et ne pas le dépasser quoi qu’il arrive (auquel cas, en cas de risque de débordement, je vous préviendrai AVANT, et je NE continuerai PAS sans votre accord explicite).

Confidentialité :
Etant moi même créatrice de patrons, ce point est important. Je vous ferai donc savoir AVANT de démarrer la mission d’édition technique, si jamais il y avait un conflit entre votre création et mes créations en cours. Si vous avez d’autres questions sur la confidentialité, n’hésitez pas à me contacter directement.

Voici les domaines pour lesquels (pour le moment) je ne me sens pas prête à proposer mes services :

  • Générer une grille tricot. Je pourrais cependant vous donner des conseils pour que vous la réalisiez le plus simplement possible, vous aiguiller sur les outils possibles du marché, gratuits comme payants.

 

On tend une perche et on verra bien quelle forme elle prend 😉
Bon week-end les tricoteueurs-ses !

20 réflexions sur “ Tech editing ”

  1. Intéressant ! Je pense effectivement que ça peut être un plus de « diversifier » son activité 😉

    Mais c’est aussi un bon conseil que tu donnes de commencer par lancer une activité dans un premier temps sur son temps libre plutôt que de se lancer sans filet.

    Sinon, j’ai relevé une petite coquille dans ton texte : « Je commence a savoir pratiquer la publication, générer des schémas… » 😉

    Au plaisir de lire d’autres articles dans ce genre !
    À bientôt !

  2. Merci de nous raconter l’envers du décor. Je trouve qu’on manque justement de description réaliste de l’activité d’une créatrice, on a l’impression que le conte de fées est la règle (!). Je persiste à penser que tu as énormément de talent, c’est super que tu aies créé ta marque de patron, je pense que ça viendra forcément… en tout cas, je te le souhaite, sincèrement. ♥
    L’exemple d’Ysolda est frappant, alors que c’est tout de même une « star ».

    1. Oui je trouve l’exemple d’Ysolda frappant.
      Tu as aussi Amy Herzog, qui a écrit je sais pas combien de patrons, publié un livre etc… et n’a quitté son métier « normal » que après tout ça, quand elle a diversifié son activité en lançant son site qui génère à la volée un patron dans tes mensurations (en vendant un logiciel quelque part en fait !)

      1. Je n’aurais jamais imaginé qu’Amy Herzog n’ait pas pu quitter son métier tout de suite !!! Finalement, c’est là qu’il faut de la persévérance, ne pas se dire que ça doit « marcher » tout de suite ou pas mais prendre le temps que les choses s’installent… et ne pas renoncer à sa passion. :)
        Comme tu le fais, être pragmatique (second job) tout en persévérant et diversifiant son activité !
        J’ai aussi l’impression que beaucoup de créateurs de patrons vendent aussi leur laine, j’imagine que ce type de diversification doit leur permettre de « rentabiliser » leur activité ?

          1. Je pensais à H.Magnusson qui vend de la laine islandaise et a créé sa laine (la love story) ou à De Rerum Natura. Ceci-dit, ces projets ont d’autres origines que la rentabilité : la laine Eindband ne convenait pas aux modèles que H.Magnusson voulait créer en dentelle me semble-t-il et Solenn Couix-Loarer voulait développer une laine locale. « Créer sa laine » est peut-être une continuation logique pour des créateurs qui s’intéressent particulièrement au fil ? De même que le logiciel CustomFit est la continuation logique du travail d’Amy Herzog sur l’adaptation des patrons de tricot aux mensurations ?
            … je te l’ai déjà dit mais je te verrais bien faire des ateliers sur comment adapter un tricot à sa morphologie. 😉

  3. comme je te comprends….

    il y a un peu plus de 33 ans, je quittais mon emploi au moment de la naissance de mon 3ème pour reprendre les études que j’avais dû abandonner 12 ans plus tôt – 5 ans plus tard, je commençais ma profession…. qui n’a jamais été rentable – plus souvent en perte qu’en très léger bénéfice

    début octobre, je décidais de mettre la clé sous le paillasson enfin pas tout à fait : je termine peu à peu

    avec des projets très flous en tête …

    jamais été capable de penser « rentabilité », ce que je me reproche – toujours été « à charge » en même temps, métier passionnant – et mari tout à fait d’accord avec moi

    j’admire sincèrement ceux qui ne peuvent pas se permettre (pour toutes sortes de raison) d’être « à charge » et qui tiennent le coup dans leur activité réellement choisie en faisant les sacrifices qui s’imposent

    1. Oui, la prochaine étape: la photo!

      pour ma part, je serai intéressée, car je suis frustrée de ne pas savoir mieux mettre en valeur mes (modestes) réalisations!

      je parle bien sûr de photos de tricots (et filage, teinture…) à partager sur les forums.

      1. pour la photo, j’ai beaucoup de mal à envisager de lancer cette offre je l’avoue ! D’une part, j’aurai bien du mal à définir un tarif, et d’autre part, ça nécessite une logistique à laquelle je n’ai pas complètement pensé : envoyer l’objet à prendre en photo, définir un thème pour le shooting photo, éventuellement trouver un mannequin volontaire s’il s’agit d’un vêtement etc… Ca représente donc de nombreuses heures de travail qu’il serait difficile à valoriser financièrement pour la cible finale non ??

        1. je comprend tout à fait les difficultés que tu évoques!
          j’ai juste réagi à la discussion sans réfléchir plus loin!

          mais maintenant je vais réfléchir, et si j’ai des idées sur le sujet, je t’en ferai part.

          les photos de mes réalisations sont visibles sur Ravelry (pseudo: margau) avec un lien sur Flickr, mais il ne s’agit que des projets tricots; je n’ai pour le moment rien mis en ligne sur mes tissages par exemple (et je commence quand même à en avoir quelques-uns!)

          à suivre donc!

            1. j’ai quelques idées qui commencent à me trotter dans la tête:
              – des ateliers à thème par exemple,
              – des formations plus ou moins individualisée (ça existe en filage)

              je sais qu’il faut encore résoudre des questions de logistique!

              je crois avoir vu que tu seras à la journée « les teigneuses à la ferme », j’y serai également de passage le dimanche; on peut commencer à en parler si tu veux?

              1. oui je devrais y être :) Tu saura me reconnaitre ? Je ne sais pas à quoi tu ressembles de mon côté 😉

  4. Ce qui peut être intéressant aussi c’est de passer un partenariat avec une boutique où l’on peut voir tes modèles tricotes en vrai, associer la vente de la laine et du modèle quoi, ça donne plus envie.
    Les petits points parisiens et Lil weasel le font par exemple.

    1. oui Floub, je l’ai deja fait dans le passé… C’est pas terrible du tout pour nous les créatrices. D’une part, la boutique t’achète tes patrons à 50% du prix d’origine, et les impressions papier ne sont pas toujours à leur charge. Ca doit dépendre des boutiques, mais en gros, la créatrice gagne même pas Un euro sur le patron, juste de la visibilité. Du coup, je ne suis pas sure qu’il y aie toujours un très très grand intéret à faire ça pour la créatrice.

    2. sauf si tu fais référence au programme de Ravelry « in store sale » ? Auquel cas, je suis dejà inscrite, mais en échangeant avec IttyBitty par exemple, je confirme : ca reste hyper anecdotique comme ventes !!

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