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Donner (et reçevoir)

Depuis quelques mois, je m’interroge beaucoup sur la notion de don. Don de sa présence, de ses compétences à des personnes qui en ont besoin, de son écoute, de nourriture ou de vêtements plus simplement pour ceux qui vivent dehors ou qui sont en besoin…
Tout a commencé cet été. Je me suis mise à la méditation sérieusement, après avoir suivi pendant quelques semaines des cours sans trop vraiment comprendre ce que j’étais censée y trouver à part d’avoir mal au dos hihi :) (ce qui est bien évidemment passé)

En pratiquant, j’ai découvert beaucoup de choses sur moi, et ce serait très long d’expliquer tout cela en détail ici car c’est le fruit de longues réflexions. Disons que chaque pensée qui me parasitait en méditation était une indication sur ce que je pouvais observer avec honnêteté sur moi même, sur mes limites, et sur ce que j’avais envie de ne plus subir. Le plus important, est que j’ai petit à petit découvert qu’une partie de moi pouvait observer avec du recul et avec « sagesse » mes pensées les plus automatiques, mes pensées les plus moches, ou les plus illogiques. Toutes ces excuses qu’on peut se raconter à soi même, tout ces moments où on évite quelqu’un sans le réaliser ni même comprendre pourquoi on le fait… Bref, je pouvais voir qui j’étais, au lieu de qui je croyais être.

Ca a donc commencé cet été : j’ai remarqué que j’évitais un SDF dans ma rue. Je lui avais donné une fois à manger, et je culpabilisais de ne pas lui donner quelque chose à chaque fois que je le croisais. J’avais honte mais je n’arrivais plus à lui dire bonjour. Et du coup, après avoir été généreuse une fois avec lui, je faisais comme s’il n’existait plus, piégée dans ma logique totalement tordue sur la notion de don aux autres. Ca faisait évidemment écho à mon histoire personnelle (mon père était SDF, nul doute que mon rapport avec cette partie de la population ne pouvait être neutre ! )

Ca a été le début d’un long travail sur moi, qui est toujours en cours d’ailleurs. J’ai commencé à proposer mes compétences gratuitement aux proches, en fonction de mes capacités. J’ai voulu apprendre à donner sans attendre une contrepartie en retour. J’ai observé mes pensées, mes jugements, les réactions de mon égo (« je lui donne ceci, la moindre des choses c’est que… »), mais aussi à poser des limites à mon don pour ne pas avoir le sentiment de donner dans le vide ou de donner de façon inutile. Bref, j’essaye d’être en paix avec une partie de moi qui me dérangeait trop. Depuis que j’ai envie de donner, j’apprend beaucoup sur moi.

Par exemple : Suis-je du genre à toujours donner ? A toujours reçevoir ?  Esce que ca dépend de la personne en face de moi ? De mon humeur ? Esce que je reconnais la juste valeur de ce que je reçois ? Esce que ce sujet me met très mal à l’aise

Je suis heureuse d’avoir découvert la méditation, car elle m’apporte beaucoup dans ma relation aux autres, mais aussi à moi-même. Je ne range plus dans un coin ce qui me dérange pour l’oublier ou pour faire comme si ca n’existait pas : je le vois, et je me demande « ok, et tu vas en faire quoi à présent ? »

capture-decran-2016-11-23-a-13-01-56Si ce sujet vous parle, je vous invite à lire un article qui m’a semblé très juste, sur le blog du Palais Savant : Trouver un équilibre entre ce que tu donnes et ce que tu reçois.

Pour rester sur le thème du don, mon amie Seve a lancé un projet solidaire pour aider ceux qui ne vont pas bien. Ce type de démarche peut surprendre, car nous ne sommes pas habitués à tomber sur des projets de crowd funding dont le but n’est pas un produit physique, matériel, mais plutôt du don de soi, de son temps, pour les autres. Je ne peux que vous inviter à aller jeter un coup d’oeil à son projet.

A bientôt :)

14 réflexions sur “ Donner (et reçevoir) ”

  1. Je fais depuis 3 ans de la formation pour adultes, pour des enseignants confirmés. En fait ce sont des temps où beaucoup; comme hier en profitent pour oser dire, se libérer de toutes leurs angoisses; au point qu’hier, une des stagiares m’a remerciée pour cette thérapie de groupe! En fait je donne de l’écoute, de la compassion. Et c’est déjà beaucoup!
    Je ne fais pas de la méditation mais de la sophrologie ce qui me permet de ne pas porter les bagages trop lourds qui m’ont été confiés dans la journée.

  2. J’aimerai bien savoir ce que tu en fait de ta pensée toxique que tu observes qui te mets chafouin… LA fameuse question… Ne sachant pas ce que je peux bien en faire moi-même tout en l’ayant clairement vu, cette onde qui te fait sentir d’un coup pas à ta place, ailleurs, en dessous, au dessus, pas là, sombre dysharmonie… Tu vois, si ceci se transformait immédiatement en pull, j’aurais chaud pour plusieurs hivers d’avance ;o)))

    1. et bien tu acceptes cette pensée toxique, elle fait partie de toi. Et tu vois si tu as envie de faire quelque chose à ce sujet pour qu’elle disparaisse petit à petit de ta tête. Ou si tu n’es pas encore prête à agir car tu ne comprends pas trop encore comment elle fonctionne, ce qu’elle te dit, ou si c’est trop douloureux à entendre… Et peut etre que plus tard, tu voudras en faire quelque chose. ou pas 😉

      1. De mon côté c’est la psychanalyse (ou plus précisément : une psychothérapie basée sur la théorie psychanalytique) qui m’a permis d’arriver à cela. Des méthodes différentes peuvent parvenir à des résultats similaires, on dirait.

  3. Juste un petit mot, Elise, pour te remercier pour ce joli texte que tu nous as adressé, et pour t’envoyer, même si nous ne voyions plus, beaucoup de bonnes choses et de gros baisers. Virginie

  4. Moi aussi, j’ai eu pas mal l’occasion de réfléchir au don ces dernières années. Pour faire court, je me suis beaucoup impliquée bénévolement, étant en congé parental puis en dispo, et j’ai pu mesurer à la fois la richesse de ce type d’engagement et ses limites. Il y aurait tant à dire… On pourra en parler par mail, si tu veux. 😉
    Ton article me permet d’y repenser et de prendre un peu de recul. J’aurais juste envie d’ajouter que le don peut aussi se trouver dans la manière de faire, au quotidien : on peut beaucoup donner à ses collègues dans sa vie professionnelle par sa qualité de présence, son écoute, en faisant les choses avec le cœur. Des choses difficiles à mesurer mais dont la vie te permet parfois, par hasard, de t’apercevoir à travers un remerciement ou un témoignage que tu n’attends pas. Par ton travail créatif, toujours fait dans la générosité, tu donnes aussi beaucoup… C’est ce que j’en ressens, en tout cas. 😉

  5. et ce message, c’est aussi un don pour moi, je suis en pleine réflexion sur mes sentiments / besoins, liés à une approche de Communication non-violente. Je m’aperçois que nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser ce type de question, à chercher des réponses dans le yoga, la méditation etc. Ça m’interroge.

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