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Behind the scene #2 (et résultat du jeu)


Je suis contente que vous ayez joué le jeu. Après un petit tirage au sort, voici la gagnante : le 11ème commentaire, Seve :)

Behind the scene, c’est pour moi un nouveau thème ici sur ce blog : raconter les coulisses de mon métier autour du tricot.

Dans mon précédent billet en juin 2013, j’expliquais l’étape du projet, plan marketing et prévisions d’une éventuelle entreprise autour des patrons de tricot.
Il s’est écoulé plus de 6 mois et j’ai donc aujourd’hui une vision totalement différente !

Mes journées sont extrêmement chargées, avec pourtant l’impression de ne pas avancer financièrement, créativement, ni productivement comme je le pensais.
J’ai donc décidé de commencer l’année 2014 avec l’objectif de noter tous les jours sur un agenda ce que j’effectue. Afin de pouvoir prendre du recul et voir ce qu’il en sort.

Je n’en suis qu’au début, mais je peux déjà vous dire qu’à mon avis :

  • Le temps de tricot (celui avec des aiguilles, un canapé, et un chat) représente 30% du temps de mes journées au maximum.
  • Le temps de réflexion artistique se déroule en tâche de fond, sans moment assigné dans la journée, en suivant plusieurs pistes en même temps, les laissant vivre leur vie jusqu’à ce qu’elles arrivent à convaincre mon esprit sceptique, à l’aide de croquis papier et si besoin de dessin numérique sur une silhouette avec Illustrator. Je m’accorde aussi parfois du vrai temps de veille pour l’inspiration, dans ce qui m’entoure, la rue, les magasins, quelques blogueuses. J’ai malheureusement du stopper de regarder les nouveautés sur Ravelry et les projets de mes amis car je n’ai plus de temps disponible pour ça. Je ne suis donc plus autant au courant des « derniers patrons de créateurs les plus connus », je l’étais beaucoup plus avant ce métier, quand j’écrivais des « tendances » sur Intheloop.
  • Le temps d’informatique-internet-marketing est assez élevé. J’y compte dedans plusieurs choses : les actualités de mon business sur le blog, les réseaux sociaux, l’animation de mon nouveau groupe Ravelry, le surf internet pour me renseigner sur les initiatives créatives de tout genre, la mise à jour de mon site, son apparence, la prise et retouche photo de visuels d’ambiance et de tutoriels pour les suppléments techniques de mes patrons (touche personnelle et unique que je me suis fixée dans tous les patrons puisque je vise les tricoteuses qui ont maximum 2 pré-requis techniques de base (maille endroit et envers) et un complexe parfois : (le tricot en rond), la correction sur mes outils d’édition de patron, la liste est sans fin, honnêtement soporifique :)
  • Le temps relationnel est diffus, dans toute la journée. Il est à 70% sur internet, et à 30% physique. J’y compte les réponses aux sollicitations de mes clientes, la discussion de partenariats avec des marques de laine, les rencontres avec d’autres créateurs, les rencontres tricot-thé, le passage sur des salons de la création, l’animation de cours ou d’ateliers. Mon objectif pour 2014 est de trouver plus de temps et d’opportunité pour agrandir ce temps humain, via des cours de tricot par exemple, pour ne pas rester « perchée au 3eme étage de ma tête ».
  • Le temps de lecture : Ouvrages techniques, liés au métier, à la morphologie, aux couleurs, aux catalogue de points de tricot… Sur mon temps libre, entre deux livres « pour moi ».
  • Le temps de partage : Intheloop au quotidien, ce blog parfois. Ecrire, relire, mettre en page, prendre des photos, réfléchir à de nouveaux sujets, tenir les deadlines que nous nous fixons dans l’équipe.

Depuis ces 6 mois, voici ce que j’ai découvert être capable de gérer pour la première fois :

  • La mise en page avancée sous Illustrator et InDesign pour les patrons.
  • L’animation d’une « marque » sur internet et ses réseaux.
  • Les types de partenariats possibles entre moi et des boutiques, des vendeurs de laine familiaux, et comment gérer cette phase de discussion d’un potentiel projet à deux.
  • Les questions existentielles pédagogiques sur le succès et le professionnalisme d’un patron ou d’un cours de tricot, sujet que je continue de découvrir et d’approfondir depuis le début, et dans le futur surtout !
  • Le test de différent types de publicités sur Ravelry, leur système de statistiques pour les pro, et voir comment s’en sortir dans cette jungle d’outils 😉
  • L’analyse de mon marché, des besoins, des envies et apprendre à marier ça avec mes envies à moi, mes gouts, pour trouver un compromis dans ce que je ferais.
  • Regarder en face, sans dureté certaines idées ne pas prendre, ne pas forcément être aimées par tout le monde, et n’en ressentir aucune douleur à l’égo, et continuer à y croire.
  • Découvrir comment l’inspiration fonctionne, l’apprivoiser doucement, pour la trouver en moi. Devoir gérer avec des intuitions qui n’ont pas été écoutées, et qui finalement ont été faites par une autre personne avec succès et se dire « Merde ! Pourquoi j’y avais pas cru et je l’ai pas fait ! » et décider de les écouter un peu plus dans le futur.
  • La gestion du travail dans un lieu de vie et de travail qui est le salon, avec mon conjoint qui y travaille lui aussi, l’absence de « rythmes » imposés forcément, et essayer de gérer le joyeux bordel que ca génère :)
J’ai aussi envisagé légèrement ou plus sérieusement au moins 2 fois de :
  • Quitter Paris et son coût de la vie. Pas possible pour le moment.
  • Tout arrêter tout simplement. Reprendre le salariat (beurk) devenir mère au foyer (aille) quitter le pays (pas encore).
  • un futur où je ne gagnerais rien du tout et je deviendrais « artiste se nourrissant d’eau fraiche » (hum hum… on va l’oublier celle-là hein).
  • lancer des projets auxquels je ne croyais pas, non mais ca va pas ?

Les compétences de base qui m’ont permis de faire tout ceci seule (sans fournisseur externe) depuis 6 mois sont les suivantes :

  • Savoir tricoter évidemment 😉 Savoir faire des calculs, fichiers Excel complexes et savoir improviser gràce à toutes les techniques que je connais.
  • Savoir écrire à peu près correctement en anglais et en français, bien que je ne suis pas parfaite dans ce domaine.
  • Savoir faire des photos.
  • Etre informaticienne de métier.
  • Avoir un esprit d’analyse, et bosser dur pour obtenir l’esprit de synthèse.
  • Être parfois fainéante pour trouver le chemin « vite et bien » ce qu’on doit faire, parcequ’il n’y a que 24H dans une journée 😉

J’ai découvert aussi que j’avais des besoins non comblés :

  • Rencontrer du monde, avoir du contact humain. J’y réfléchis et j’y travaille. Je partage plus aussi ici, ca en fait partie !
  • Avoir un espace limité pour ne pas me faire envahir à toute heure de la journée ou de la nuit, stopper le cerveau quelques minutes et ne « rien faire », essayer de ne pas bosser un jour férié ou un dimanche. Pour le moment, je n’ai pas trouvé la solution. C’est l’histoire de ma vie de toute façon 😉 Prendre le temps de manger, toujours un soucis pour moi. Je pensais avoir plus de temps pour moi à la maison, mais c’est un peu l’inverse il semblerait 😉
  • Inspirer des tricoteuses « influentes » avec mes patrons. Je n’y suis pas arrivée autant que j’en rêvais, mais j’ai laissé tomber cette prétention : je trouverais mon chemin vers le public à ma façon, par petit pas.
  • En vivre financièrement… C’est évidemment le nerf de la guerre, et l’avenir me dira ce qu’il en est. Essayer d’être serein face à ça. Ne pas se taper des petits moments de paniques « je vais jamais y arriver ! ». Keep calm and Knit on…
  • Croire en soit. Là, il y a que moi qui puisse y faire quelque chose !

 
On fini en musique aujourd’hui :)



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8 réflexions sur “ Behind the scene #2 (et résultat du jeu) ”

  1. Il est super cet article Elise, une très bonne idée de nous faire partager ton expérience.
    On se pose plein de questions en le lisant (drôle, par exemple, que tu sépares esprit d’analyse et de synthèse qui me semble si liés dans mon esprit , cela m’incite à réfléchir à ces compétences que je suis appelée à développer chez mes élèves) et cela fait aussi écho à nos propres expériences : une des raisons qui me poussent à une reconversion est le fait de pouvoir séparer spatialement temps de travail et temps privé car il est difficile de dire « stop » quand on travaille chez soi.
    Je te souhaite plein de succès dans tes entreprises en gardant ce regard si lucide qui te caractérise.
    Bises

  2. Ah la question de la gestion du temps de travail quand on fait tout soi-même et à la maison, c’est quelques chose!
    Bon courage Élise, et crois en toi, car comme tu dis, il n’y a que toi qui puisses y faire quelque chose 😉

  3. J’aime beaucoup ce type d’article. Je suis certaine que tu vas trouver ton public, j’ai souvent du mal à comprendre pourquoi certain patrons ou marques on du succès rapidement. J’espère terminer et publier mon châle Mara sur mon blog en janvier (même si je ne suis pas une tricoteuse influente, j’espère faire découvrir tes patrons car ils ont vraiment un plus pédagogique qui nous font progresser sans peur).

  4. C’est très intéressant de voir ce qui se cache derrière la création de patron. Il m’est arrivé d’envisager d’essayer de vivre du tricot mais ça n’a jamais dépassé le stade de l’envie, du coup c’est sympa de voir le quotidien de ceux qui ont osé se lancer !

    Bises
    Lucie

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