Anatomie des patrons japonais

J’ai enfin reçu mes livres du japon. Il y en a 5 en tout. J’avoue que celà change vraiment beaucoup des habitudes avec les Burda allemands, ou autres marques type Butterick Américains. Rien à voir.

En général ces patrons habituels coutent entre 6 et 15 euros pour une tenue, souvent déclinée en petites variantes (long ou court, bretelles ou pas etc…). Pour les ouvrages japonais, il y a entre 25 et 40 modèles, et celà nous coute environ 19€ par livre. En fonction des lives, le contenu est très varié.

Evidemment, la difficulté reside dans le fait que l’ouvrage est entièrement écrit en japonais…

Malheureusement, pour rajouter au problème, les patrons tiennent TOUS sur une seule feuille, où tout est superposé : impossible de découper directement le patron pour le poser sur le tissu, il sera obligatoire de recopier et décalquer d’abord chaque pièce… La galère ! Et pour la cerise sur le gateau : la majorité de ces patrons ne contiennent pas les valeurs

de couture !!! Il faut donc en plus du décalquage, rajouter entre 1 à 1,5 cm sur tous les bords de chaque pièce… Autant le dire clairement : la japonnaise a la vie dure en couture et se prend la tête (et nous aussi du coup) !! Pas fichu de faire dans le pratique !

Un exemple d’une feuille contenant…. tous les patrons des 20 modèles minimum (recto verso en plus)… Par contre premier choc : là où les patrons européens et américains sont remplis de repères (fentes du tissu, petits points à superposer entre deux bouts de tissu pour etre sur qu’on a bien callé les morceaux…. pour le moment chez les japonnaises je n’ai rien vu de tel, aucune marque, aucun repère).

Bon par contre, il y a des avantages (sisi !) : le contenu n’a rien à voir. En plus des modèles variés, certains magasines comme « Pochée » (qui se lit à l’envers d’ailleurs) contiennent un véritable univers. Viennent les modèles, mais qui en général sont présentés sous forme de « look » complet : on a donc mis en avant le modèle principal, mais on retrouvera en annèxe plus loin les petits accessoires qui vont avec. Exemple, cette robe « austère » mais quand même trop mimi  à droite. En fait la fille porte un jupon en dessous (tellement japonais ce genre de détails)…

Alors quelque part dans le magasine, on diserte sur les types de jupons et leurs usages et puis un peu plus loin on a même les explications détaillées et les mesures (à défaut d’avoir le patron, ce qui est quand même souvent le cas). Ce concept se retrouve pour des tonnes d’accessoires : leggins, jambières etc…

Et puis c’est pas fini, il y a des pages qui exposent ce que j’appellerais « le précieux » : les bijoux, les bandeaux cheveux, pendentifs, colliers ou petits sacs à bijoux ou à main, et là on aborde la dentelle, le métal peint, et j’en passe : c’est mimi, mais pas pour tous les styles (comme il y a pas mal de photos, je les ai mises en petite tailles mais comme toujours vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir).

Concept qui m’est un peu plus étranger… Les ambiences ! C’est remplit d’idées posées pèle mèle, sur des interrieurs, de la déco (des couvertures ça ok), des rangements, des photos de femmes en train de coudre, des … photos qui ne donnent lieu en général à aucun patron ni à un mode d’emploi « bricoleur d’étagère »… Je m’interroge toujours sur l’effet recherché par ces parties…

Edit : en fait il s’agit des environnements, intérieurs et bureaux de travail des personnes qui participent au magasine, des créatrices des vètements.

La fin des ouvrages contient des tonnes de « comment faire » (un biais, comment découper à plat, comment décalquer le patron et refaire les marges de couture etc…) comment… prendre ses mesures tiens ! J’ai trouvé le shéma rigolo : pour la mesure de la taille aux hanches, ils pratiquent la technique assis sur une chaise…

Voilà ! Pour info, si vous vous êtes découvert une passion pour la couture japonaise gràce à ce billet, il existe UN site référence de passionnées : http://japancouture.canalblog.com/



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8 réflexions sur “ Anatomie des patrons japonais ”

  1. Sympa ton article, très détaillé!
    Tu as l’air de t’y connaitre en couture, justement, je me demandais pourquoi (quel est l’intérêt ) de faire des patrons sans marges de couture, alors qu’avec les marges on n’a qu’a superposer les bords du tissus et hop, c’est parti!
    A part ça , il faut reconnaitre que les japonais ont le génie du schéma et de la simplification tu ne trouves pas?
    Un schéma japonais t’en apprend plus que 3 pages d’explications Burda (que je dois relire 4 fois avant d’avoir tout saisi!).
    D’ailleurs c’est pas mal du tout leur système de mesurer assis, je vais essayer de m’en souvenir!

  2. je ne sais pas trop

    En effet, j’ignore l’intéret de ne pas mettre les marges de couture, à part pour peut-etre limiter l’usage du papier ?
    J’avoue, moi, je suis très fainéante, et rien qu’à l’idée de devoir les rajouter… En plus, ce que je n’ai pas montré, c’est que sur les patrons japonais les marges ne sont pas partout les meme. En général (sauf explication contraire) en europe c’est 1,5 cm partout. au japon ca dépend de quel coté du morceau. Ca varie tout le temps entre 1 et 2,5 cm…. Va comprendre…

  3. Hihi 😉 bienvenue dans le monde addictif de la couture japonaise… 5 livres d’un coup! Vous etes gourmande! (bon, moi j’ai fait 4…)
    J’aime beaucoup ces livres et c’est vrai que les schémas sont tres clairs et explicites, il y a rarement besoin de traduire les explications. Il n’y a que le relevé des patrons qui est un peu calé.

  4. Bienvenue parmi les victimes de la couture japonaise. Très vite c’est l’addiction totale.Pour ma part, j’en deviens casanière et facilement rivée à mon ordi. A midi je ne rentre plus : pause ordi sur le blog !!! J’ai beaucoup cousu BURDA. Mais j’adore mes petits livres japonais. Ils sont d’une part très beau et c’est vrai que comparés au coût d’un patron burda ou du Burda magazine, très vite amortis. On peut mixer les patrons et laisser filer son imagination. Moi j’ADORE !!!!De plus, très fashion victime, je m’aperçois qu’ils sont très dans la tendance mode. Il ne faut pas se fier aux poses des petites japonaises qui les présentent.

  5. couture japonaise

    Bonjour, je découvre ton article sur la couture japonaise. perso j’ai livres et me lance doucement dans cette nouvelle vision de la couture
    Un petit truc pour les patron enchevétrés…achéte du polyane (matériel pour protégé les sols lors de travaux) coùt intéressant, transparence, et souplesse… un stylo indélébile et hop le tour est joué sans habimer ta page de patrons
    bon courage bonnes réalisations je suivrai tes aventures !!!

  6. Disons qu’un patron sans valeur de couture, qui donne donc les mesures exactes du vêtement fini est plus pratique quand on veut le modifier, que ce soit dans la taille ou dans la forme.

    Les patrons qui donnent les valeurs de couture sont en général des patrons américains ou, en couture comme en tricot, on simplifie à outrance le travail de la personne qui les achete :-)

  7. c’est comme ça que je fais

    les filles : j’ai un truc assez sympa pour « décalquer » un patron – je fais ça depuis que je travaille les patrons de « fait main » …. qui sont eux aussi imbriqués les uns dans les autres-
    matos :
    une roulette crantée (mercerie)
    un rouleau de papier craft (papeterie ou équipement de magasin)
    une vieille nappe type bulgomme ou un vieux drap plié plusieurs fois
    poser sur la table ds l’ordre : la nappe (drap), le craft le patron
    repasser les contours du patron à la taille voulue à la roulette et dessous, c’est magique :)le dessin apparait sur le papier craft- il suffit de découper le patron obtenu.
    comme je suis perfectioniste, j’ai préparé une grande enveloppe sur lequel je colle la photocopie des explications avec la taille du modèle.
    courage !
    co

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